Le 10 février, alors que le jury final analyse pas à pas les 5 projets, la Mairie décide brutalement de déclarer la procédure sans suite, aucun projet ne convient ! Plus tard, la Municipalité justifie sa décision par les motifs suivants : « Le projet attendu doit apporter une solution emblématique et ambitieuse, parfaite intégration de l’ouvrage dans le contexte urbain tout en présentant une architecture douce et ouverte ». !!!
La Provence du 26 mai 2011 nous rapporte, à la sortie du Conseil Municipal : « tout ce qui nous a été présenté manquait d’ambition » et encore « trop étriqué, …, une espèce de soucoupe volante ». Le journal à l’appui de ces propos s’interroge : « Les architectes sont-ils fatigués ? »
L’Ordre des Architecte, dans une lettre au Premier Magistrat (31 mai 2011), réagit sur les motifs de la décision qui n’apparaissaient pas dans le cahier des charges de la consultation…
Au même moment, le 7 juin 2011, au pas de course, les services de la Ville ressortent un appel à concourir. Le même, mais cette fois il s’intitule : « Concours, …, pour la construction de la bibliothèque du Belvédère… ». La date de remise des offres est fixée au 18 juillet 2011.
Mais sur la Provence du 2 juillet 2011 un voile est levé sur le fonctionnement de la Mairie d’Aix en Provence. Sous couvert d’explications le Maire aurait précisé : « les projets rendus étaient minables… j’ai compris pourquoi : le terrain n’était pas assez grand ». Il est vrai que, ce terrain a été tronqué en cours d’élaboration du dossier sans modification du programme. Pour autant les 5 architectes proposent des solutions. Ils ont tous réussi à implanter l’équipement et même à organiser des espaces extérieurs généreux ! Les 5 respectaient le programme aussi bien en surface qu’en organisation, et les 5 projets étaient conformes aux différents règlements. Pas si fatigués les architectes et pas si « minables » les projets. Pour preuve, à l’unanimité, le jury a voté l’attribution de l’intégralité des indemnités (15 000€) à chacun des candidats… Toujours dans le même article, et alors que la consultation est déjà en cours (voir plus haut), Madame le Maire poursuit son idée et imagine une nouvelle implantation de la Bibliothèque : « Et si on déplaçait la médiathèque sur les bassins de Saint-Eutrope ? ». Solution qui à l’évidence est « emblématique et ambitieuse », et en « parfaite intégration ,…, dans le contexte urbain » ! La question économique d’un tel projet se pose-t-elle réellement ?
Qu’adviendra t-il de ce projet de Médiathèque, sortira t-il de terre, ou des eaux, un jour ? Qui peut le dire ? Y a t’il une véritable volonté ?
En revanche ce que le Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône peut dire c’est que : OUI, les architectes sont fatigués par ces pratiques qui méprisent le travail et les compétences de chacun. Ces pratiques qui coûtent bien cher à notre profession et encore plus aux contribuables. Qui fera le bilan financier de ces tergiversations ?
Que nous soyons professionnels architectes, urbanistes, paysagistes, juristes ou techniciens de la Ville, …, bénévoles des quartiers et membres des Jurys, …, ou simples Citoyens de la ville d’Aix en Provence, nous avons tous acquis la certitude que la Ville se dessine et se construit en équipe. La Ville est notre cadre de vie. Si elle est coûteuse à bâtir et à entretenir, elle est aussi le socle de notre société. Elle produit ses richesses économiques, culturelles et sociales. La Ville doit s’élever avec la somme de toutes ses intelligences, de toutes ses forces, de tous ses savoirs et savoir-faire ainsi que de toutes les expériences.
Article de La Provence du 26 mai 2011

